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Les combattants de l’humanitaire
Article du 13.11.2005
Nice Matin / Edition des AM
Dimanche 13 Novembre 2005
les combattants de l’humanitaire
Thierry Candia, sauveur d’enfance sacrifiée :
« Je ne suis pas riche et je n’ai pas été plus favorisé qu’un autre. Mais il faut bien reconnaître que nous sommes tous ici tombés du bon côté de la barrière. Et en 2005, il serait temps de la faire tomber ».
A 41 ans, Thierry Candia, ne s’embarrasse plus avec le politiquement correct. Pour cet ancien parachutiste, devenu sapeur-pompier, l’action prime avant tout. Et ce depuis un beau jour de 1998 où il crée à Menton, avec quatre amis, AIDER, pour Association internationale des enfants des rues. Un geste évident pour ce globe-trotter qui venait de découvrir l’horreur du travail d’enfants de huit ans dans les mines d’argent du sud de la Bolivie. Ou encore le quotidien misérable de leurs camarades qui errent dans les rues de La Paz en volant, se droguant ou se prostituant, pour essayer de survivre.
Depuis, les missions de l’association, forte désormais de 65 membres, s’enchaînent : le Niger, Madagascar et plus récemment le Sri Lanka après le tsunami. « Notre priorité est d’aider les enfants des rues à se réinsérer, en créant notamment des centres d’accueil (lire par ailleurs). Mais nous ne pouvions décemment pas rester sans rien faire face au drame de l’Asie du sud-est ».
la carte de la proximité Pour les missions qu’il organise, Thierry utilise une recette qui a fait ses preuves : « Je joue à fond la carte de la proximité. Nous allons systématiquement faire une évaluation sur le terrain avant de commencer quoi que ce soit. Je choisis alors les partenaires avec qui nous allons travailler et les personnes qu’il faut emmener selon leurs compétences ». Ainsi, lors de la mission au Sri Lanka, Thierry a profité de l’aide apportée par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) pour emmener une équipe de douze sapeurs-pompiers : « Ce sont des professionnels de l’urgence, capables de s’adapter à toutes les situations. Et puis, du médical jusqu’à la construction, presque tous les corps de métiers sont représentés au SDIS. Mais je ne pars pas systématiquement avec des pompiers ».
Des résultats probants Les résultats ont parlé d’eux-mêmes à Morampitigoda, dans le sud du Sri Lanka. Après la mise en place d’un dispensaire, Aider a permis de rebâtir une vingtaine de maisons, de remettre en état le réseau d’assainissement, d’acheter des bateaux de pêche pour relancer l’économie. Une école a également vu le jour. « Nous choisissons systématiquement un petit village pour être sûrs d’être efficaces. Grâce à notre petite taille, nous pouvons nous adapter très vite et ne sommes pas ralentis par les lourdeurs administratives que connaissent les grosses ONG ». Et visiblement, la méthode AIDER fait des émules. Après avoir été félicitée pour cette approche particulière du terrain au plus haut niveau de l’Etat, l’association s’est vue confier par la ville de Sens une deuxième mission de reconstruction, toujours au sud du Sri Lanka. Quant à Thierry, une fois cette énième mission terminée, il continuera à parcourir le monde : « Quand je n’y croirai plus, j’arrêterai. Mais pour l’instant, j’ai encore foi dans l’humanité. On a besoin de tout le monde pour faire tomber la barrière ». Des centres pour sortir les enfants de la rue L’association AIDER se mobilise depuis plusieurs années pour créer des centres de réinsertion pour l’enfance. Rien n’est en effet plus insupportable à leurs yeux que de voir des gosses qui ont parfois encore leurs dents de lait, errer dans les rues à la recherche d’un peu de colle, de miettes pour manger. Rien de plus horrifiant que de les voir prêts à se vendre pour sortir de cette situation. « Nous habituons d’abord les enfants à venir prendre un ou deux repas par semaine, explique Thierry Candia. Nous les soignons aussi. Et puis, petit à petit, nous essayons de les aiguiller vers une formation. A Madagascar, par exemple, en plus des 450 enfants que nous accueillons, il y a 170 jeunes prostituées qui viennent apprendre la couture. Nous formons aussi des adultes à soigner, enseigner, éduquer. Notre but est de créer des centres qui puissent être rapidement autonomes, voire qui réussissent à s’autofinancer ». État civil Thierry Candia est né à Bollène (Vaucluse) le 18 mai 1964. Marié, deux enfants. Il rentre au 6e Régiment parachutiste d’infanterie de Marine à 17 ans et demi. Il devient pompier à 21 ans. Sports : parachutisme, plongée sous-marine, boxe Il passe désormais toute son énergie dans l’humanitaire.
/ POISSON
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