L’association >
Revue de presse >
La ville de Sens parraine un village sri lankais
Article du 26.04.2005
L’Yonne Républicaine
Le 26 Avril 2005
La Ville de Sens parraine un village srilankais : Finalement ce sera Katugoda

La mission d’évaluation menée par l’Association Internationale des Enfants de la Rue (AIDER) a finalement opté pour Katugoda, un village de 3 900 âmes durement touché par le tsunami du 26 décembre 2004
Le village de Totamona ne sera donc pas parrainé par la Ville de Sens. Si le projet existait bel et bien (lire l’Yonne-Républicaine du mardi 12 avril), il en a été décidé autrement après la mission d’évaluation des besoins qu’AIDER a assurée au Sri Lanka du 11 au 17 avril.
« Totamona ne correspondait pas en fait au cahier des charges que la Ville de Sens souhaitait voir respecter », explique Thierry Candia, le président de l’association basée à Menton (Alpes-Maritimes). « Plusieurs organisations non gouvernementales y travaillaient déjà et les terrains qui pouvaient accueillir des maisons se trouvaient disséminer un peu partout mais surtout à l’extérieur du village », précise le sapeur-pompier mentonnais. Marie-Louise Fort et son équipe municipale au lendemain du désastre qui a touché le Sud-Est asiatique avait lancé l’opération « SOS Asie du Sud-Est, une mère pour une famille, un maire pour un village » en partenariat avec l’association des maires de France. L’esprit de cette action d’envergure nationale est d’aider des familles à se réinstaller au cœur des villages dévastés tout en recevant une aide pour relancer leur économie et plus spécialement l’achat de bateaux de pêche.
La flotte de 36 bateaux engloutie
Soutenue par le ministère des Affaires étrangères, cette opération de parrainage doit s’inscrire dans la durée (minimum 18 mois). A Sens, il a été décidé de s’appuyer sur deux associations ayant une forte expérience : Enfants du Mékong pour ce qui concerne le parrainage des familles, et AIDER pour celui des villages. La municipalité entend, de son côté, motiver les Sénonais, les entreprises, les associations. Une urne spécialement destinée à cette opération de parrainage accueille les dons en mairie. Déjà Tournoi sans frontières, l’Amicale des agents de la ville et l’Université pour tous se sont engagés à participer à cet élan de générosité. Vendredi soir, Thierry Candia est venu présenter les besoins de la commune de Katugoda aux Sénonais. « Ce village s’étend sur 1,5 km de côte et sur 1,5 km de profondeur. Il se situe à 2 km au sud de Galle. Le 26 décembre 2004 a été dévastateur avec 617 morts dont 223 enfants. 210 maisons ont été détruites et l’ensemble des 36 bateaux de la flotte locale a été anéanti », note-t-il. « Aujourd’hui, les besoins ne relèvent pas de la première nécessité mais de l’effort de reconstruction, surtout que la mousson arrive en mai et que si les populations ne peuvent pas compter sur des habitations dans les six mois, alors ce sera véritablement une situation de catastrophe qui se profilera » poursuit le président. La Ville de Sens aura pour mission d’organiser la récolte de dons tant pour Aider qui sera maître d’œuvre à Katugoda, que pour Enfants du Mékong qui pour sa part suivra 315 familles au sud de la Thaïlande. La démarche de la ville est double. Balisée, l’opération peut vraiment démarrer. Les besoins sont donc énormes. Une course contre la montre est lancée. Les Sénonais sauront-ils y répondre ?
/Dominique LECOQ.
Des maisons et des bateaux
Concrètement, le village pourrait accueillir 50 maisons neuves, plus une vingtaine sur un terrain supplémentaire. « Nous devrons tenir compte de la non-construction dans une bande de 100 mètres de profondeur parallèlement au rivage imposée par le Gouvernement. La reconstruction se fera par le biais d’une entreprise locale. Il s’agira de maisons de trois pièces principales dont le prix à Katugoda s’approche des 4 500 euros. En parpaings et tuiles, une maison peut être debout en 15 jours », détaille-t-il. Mieux, les familles pourront profiter d’un minimum de mobilier puisque le constructeur fournit aussi deux lits, une table et quatre chaises. Les sanitaires, comme c’est le cas là-bas seront à l’extérieur de la maison, « mais il n’y a pas besoin de travaux d’assainissement lourds » selon Thierry Candia. Côté pêche, les habitants attendent de pouvoir compter sur des nouveaux catamarans dont le prix avoisine les 500 euros pièce avec moteur ou des bateaux à fond plat qui équipés peuvent atteindre les 2 000 euros.
|