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Ils sont tous Sri Lankais
Article du 7.02.2005
Nice Matin / Edition de MENTON
Edition du 7 février 2005
Ils sont tous Sri Lankais
Ils ne pouvaient se quitter comme cela. Entre l’association AIDER et le Sri Lanka, les liens sont désormais si forts, si intenses que rien ni personne ne sauraient les rompre. Même pas ce départ, pourtant inéluctable, que les bénévoles craigaient tant.
Le gouverneur de la région sud s’est refusé à laisser repartir les pompiers mentonnais sans un geste. Thierry Candia et ses compagnons de route ont donc reçu solennellement un diplôme de bienfaiteurs du Sri Lanka. Mais cela ne semblait pas suffisant aux yeux de leurs hôtes. Alors, le gouverneur leur a proposé l’impensable : la nationalité sri lankaise. Emotion dans les rangs. Que peut-on en effet offrir de plus grand, de plus intime que sa propre terre, son propre sang, que de partager l’identité sri lankaise ? C’est l’ultime présent d’un pays reconnaissant.
Plus tard dans l’après-midi, l’émotion passée, c’est sur un terrain de football que bénévoles d’AIDER et Sri Lankais se sont retrouvés pour un match d’adieu. En passant sous la haie d’honneur que leur ont reservé, au coup de sifflet final, les sapeurs-pompiers, les jeunes Sri Lankais avaient un immense sourire.
Des dents toutes blanches qui illuminent un visage mat : c’est le même bonheur qu’ils ont cru lire sur le visage de celui que les bénévoles ont surnommé affectueusement "gentil". Un adolescent rencontré dès les premières minutes de leur arrivée à Morampitigoda. Un concentré de bonne volonté qui n’a cessé de proposer ses services.
Le jeune homme a su glisser une once d’optimisme dans les esprits azuréens. Voir Jean-Marc, l’infirmier, soigner sans relâche ses compatriotes lui a en effet donné des idées. Alors, pendant que les bénévoles démontaient le camp, "gentil" s’est éloigné. Il a pris de quoi désinfecter, un pansement, et avec la plus grande minutie a commencé à soigner le pied écorché d’un vieillard. Tout un symbole.
Une fois les tentes démontées, les yeux se sont embués de larmes. Le temps est passé vite. Trop vite. Ils effectuent leurs derniers gestes en terre sri lankaise : offrir les derniers médicaments au dispensaire le plus proche ; effectuer un dernier tour du chantier de reconstruction ; remercier la jeune chambre économique locale ; soigner les derniers bobos avec des fonds de flacons. Et c’est déjà la fin de l’aventure pour les bénévoles. ?
Retour par Colombo, la capitale, pour le vol retour. Les regards sont absents. Mais pourtant, là-bas derrière eux, quelque part dans l’océan Indien, la solidarité mentonnaise a laissé une trace indélébile.
/Poisson Olivier
Tous droits réservés : Nice Matin
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