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Mission Haïti janvier 2010

Article du 12.03.2010

MISSION SANITAIRE HAÏTI Janvier 2010

Voici le rapport détaillé de la mission en Haïti que vient d’éffectuer A.I.D.E.R. du 26 janvier au 10 février 2010 :

MISSION HUMANITAIRE - HAÏTI

L’HISTORIQUE

Le séisme de Haïti, qui s’est produit le 12 janvier 2010 à 16H56 heure locale, a atteint une magnitude (Mw) de 7 à 7,3.

De relativement faible profondeur (entre 10 et 13 km), il est dû au jeu en mouvement décrochant (mouvement horizontal de deux blocs de la croûte terrestre l’un par rapport à l’autre) de la faille Enriquillo-Plaintain Garden qui passe à seulement 5 kilomètres au sud de la capitale de Port-au-Prince.

La rupture du séisme elle-même serait située très près de la capitale, atteignant probablement localement la surface. On suppose actuellement que la rupture a environ 70 km de long avec un glissement cosismique de 1 à 2 m en moyenne.

Ces caractéristiques associées à la proximité d’une capitale très vulnérable expliquent l’ampleur de la catastrophe.

Un second tremblement de terre d’une magnitude de 6,1 est survenu le 20 janvier 2010 à 6 heures 3 minutes, heure locale.

Son hypocentre est situé approximativement à 59 km à l’ouest de Port-au-Prince, et à moins de 10 kilomètres sous la surface.

Le premier tremblement de terre a causé de nombreuses victimes, morts et blessés.

En date du 9 février 2010, le ministère des communications, confirme un bilan (provisoire) de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans abris.

L’Institut géologique américain avait annoncé le 24 janvier avoir enregistré 52 répliques d’une magnitude supérieure ou égale à 4,5 sur l’échelle de Richter.

LES OBJECTIFS

L’idée directrice de cette mission était une aide médicale d’urgence aux haïtiens après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui, touchant la capitale et ses plus de 3 millions d’habitants, a fait plus de 250 000 morts et 500 000 blessés.

Haïti est un pays très pauvre, un des plus pauvres de la planète. Il a été la première république noire en 1804, mais depuis deux cents ans, son développement a été contrarié par des années d’exploitation par les puissances occidentales et de lourdes dettes pour payer son indépendance, et depuis 50 ans, le pays est « miné » par plusieurs dictatures successives et par la corruption de l’état dans toutes ses administrations. On estime à 80% le nombre d’Haïtiens vivants sous le seuil de pauvreté, et à 15% ceux qui souffrent de sous alimentation. Le développement économique n’est en rien comparable avec sa voisine la république dominicaine qui a su au mieux exploiter le tourisme et limiter la déforestation.

Comme si cela ne suffisait pas, le pays est régulièrement victime d’ouragans dévastateurs comme en 2004, et est situé sur une faille tectonique entre la plaque nord américaine et celle des caraïbes. Le séisme du 12 janvier 2010 était donc prévisible sinon attendu. Malgré tout, peu de constructions ont été réalisées selon des normes para sismiques, y compris les bâtiments publics. Le palais présidentiel s’est effondré, tuant plusieurs ministres d’état, l’immeuble abritant la mission de l’O.N.U. chargée de l’aide internationale est tombé également, la prison centrale de Port-au-Prince a aussi été détruite, rendant la liberté à des centaines de délinquants.

Au final, la mission a consisté à aller délivrer des soins dans un pays très pauvre, dévasté par un séisme, en l’absence d’administration locale, et à la sécurité non garantie. Sur le plan social, l’évaluation sera basée sur le relogement et la nourriture de la population de cette zone. Le secteur de Bois Verna à Port-au-Prince sera choisi pour un travail effectif de quinze jours.

LA PREPARATION ET LES MOYENS

L’idée de cette mission est née le lendemain de la catastrophe et dès le 14 janvier, de nombreux mails et coups de fils ont été passés afin de trouver des gens disponibles. Il a fallu plusieurs jours pour que les différentes personnes puissent se libérer de leurs obligations essentiellement professionnelles. L’équipe de secours a été composée de deux médecins urgentistes expérimentés, ainsi que de trois infirmiers rompus aux urgences. Pour un des médecins et pour deux des infirmiers, il s’agissait de la première mission « humanitaire » avec l’association AIDER.

Pour accompagner l’équipe de soins, six personnes chargées de la logistique et de sécurité ont complété l’équipe dont un parlant parfaitement l’espagnol et d’autres l’anglais.

L’épicentre du séisme du 12 janvier étant situé au sud-ouest de la capitale, quelques villes y ont été touchées encore plus violemment, mais il était essentiel pour notre équipe d’avoir des contacts sur place, suffisamment fiables, pour ne pas partir « à l’aventure ». Le choix a donc été fait de se rendre sur la capitale où nous avons pu nous mettre en rapport avec la directrice d’un orphelinat se situant dans un quartier relativement préservé du séisme, et à proximité de l’ambassade de France et du centre ville. Des locaux sans eau courante ni électricité mais non fissurés et permettant de loger l’équipe dans sa totalité dans des conditions de sécurité acceptables.

Dans le même temps, les différents membres de l’équipe médicale et paramédicale ont effectué de nombreuses démarches auprès des pharmacies du département afin de récupérer et regrouper du matériel de soins. Grâce à nos contacts en Haïti, en particulier une pédiatre et une infirmière, nous avons pu nous faire une idée assez précise des besoins locaux en matière de soins et de médicaments dans le quartier où nous allions travailler. Les pharmacies du CHU de Nice, du CHPG de Monaco, de l’hôpital « La Palmosa » à Menton ainsi que de la clinique Saint-Georges de Nice ont ainsi et dans l’urgence, permis de constituer un stock conséquent de matériel de soins et de médicaments. Nous avons ainsi pu constituer et acheminer 5 malles d’environ 45 kilos chacune, uniquement emplies de nécessaire à pansement, antibiotiques, vitamines, lait pour enfants etc....

Dès le lundi 18 janvier, la mission était « bouclée », budget complet pour les deux semaines, contact sur place, personnel disponible et visas obtenus, matériel en cours de conditionnement. Au regard de la taille de notre association, il s’agit d’une performance remarquable que de réussir à mobiliser 11 personnes qualifiées et de préparer une mission de A à Z en moins de six jours, pour un départ treize jours après une catastrophe naturelle majeure.

LA MISSION

Les missions précédentes en Afrique et en Amérique du Sud nous ont démontré qu’il était important de respecter deux facteurs essentiels à la réussite d’un projet : 1. La proximité avec la population locale pour réaliser une évaluation complète. 2. Une équipe constituée de personnes polyvalentes pour mieux restructurer la zone d’intervention.

Le nombre de 10 à 15 personnes maximum pour cette mission est retenu afin de maintenir une gestion correcte tant sur le plan logistique que relationnel.

Une équipe de 10 Sapeurs-pompiers des Alpes Maritimes (06) et 1 Sapeur-pompier du Finistère (29) appartenant à l’association AIDER est choisie pour effectuer cette mission et répartie de la façon suivante :

-  5 Sapeurs-pompiers appartenant au service de santé du SDIS 06 (2 médecins, 3 infirmiers) pour mettre en place un Centre médical d’urgence et effectuer l’évaluation sanitaire et sociale.

-  6 Sapeurs-pompiers pour gérer la logistique et effectuer la mission au sein de la zone.

L’élan de solidarité des Français face à cette catastrophe naturelle nous a permis de récolter les fonds nécessaires à cette mission. Il est important pour l’association de montrer la finalité de ces dons par un retour photo ou vidéo.

On rappelle qu’un des principes de l’association A.I.D.E.R. est de contrôler sur place la destination des fonds à visée humanitaire. Cela nous paraît le meilleur moyen de s’assurer de la bonne utilisation de ces sommes.

Cela alourdit certes la logistique des missions et peut paraître coûteux, mais permet d’éviter les dérives dans l’utilisation des fonds et de justifier toutes les dépenses auprès des différents partenaires.

Comme toutes expéditions et afin de bénéficier d’une bonne logistique, il était primordial de trouver un contact sérieux dans le pays. Kathelen DOUYON, directrice de l’orphelinat « horizon de l’espoir », reconnue et crédible dans le pays, sera notre représentation locale.

L’équipe :

Erick PICOULET Médecin urgentiste

Bernard DJIAN Médecin urgentiste

Hélène MARTIN Infirmière sapeur-pompier

Arnaud MEUNIER Infirmier sapeur-pompier

Olivier MARTINEZ Infirmier sapeur-pompier

Thierry CANDIA Chef de mission / Président AIDER

Antoine HERNANDEZ Sapeur-pompier professionnel

Bernard RATTO Sapeur-pompier professionnel

Alexandre MALLARD Sapeur-pompier professionnel

Marc GESQUIERE Sapeur-pompier professionnel

Cécile PAYET MAUGERON Sapeur-pompier professionnel

DEROULEMENT DE LA MISSION

Départ de Nice le mardi 26 janvier au matin, escale à Paris CDG et vol direct pour la République Dominicaine à la suite. Arrivée à Saint-Domingue en milieu d’après-midi, attendus à l’aéroport par 4 véhicules avec chauffeurs loués pour l’occasion. Après une nuit passée dans un hôtel local, départ à 5h00 du matin par la route, donc 4 véhicules, 4 chauffeurs, 11 membres de l’équipe et leurs affaires personnelles ainsi que les 5 malles de matériel.

Nous sommes arrivés à la frontière vers 13H00 ou nous attendait notre contact, la directrice de l’orphelinat « HORIZON DE L’ESPOIR » puis encore deux heures de route pour entrer à Port-Au-Prince vers 17h00 mercredi 27 janvier avant la tombée du jour.

Nous découvrons un pays dans un chaos total, où toutes les infrastructures sont pour la plupart détruites et où la population improvise tant bien que mal des abris de fortune. Notre tâche sera lourde pour accomplir cette mission et venir en aide à une population sinistrée, qui attend toujours l’arrivée de l’aide internationale. Notre point de chute sera l’orphelinat « horizon de l’espoir » situé à Bois Verna, un quartier de la Capitale. Une bâtisse de deux étages qui n’a pas été touchée par le séisme et où nous installons notre centre de santé.

Nos premières actions vont être d’agencer notre centre de soins, de faire le tour de la zone sinistrée pour prendre contact avec la population et effectuer une première évaluation rapide de la zone. Après reconnaissance des locaux de l’orphelinat, premier débriefing au sein de l’équipe médicale pour déterminer dans les locaux existants la position des deux bureaux de consultation médicale, du bureau de consultation pédiatrique et de la pharmacie.

L’équipe logistique, quant à elle prépare, l’hébergement, vérifie l’eau potable et les commodités dans le centre.

Compte rendu Sanitaire :

Début des consultations dès le matin du jeudi 27 janvier, après installation de la pharmacie. Nous avons vu près d’une centaine de personnes ce premier jour.

Chaque jour, par la suite, se sont enchaînées plus de 150 consultations à deux médecins dans un bureau séparé en deux boxes par un paravent. Après consultation, chaque patient était orienté, soit vers la pharmacie montée sur place permettant la délivrance immédiate et gratuite des prescriptions, soit dans les quelques cas où les médicaments disponibles n’étaient pas adaptés, vers une pharmacie de ville.

Dans le cas ou un avis spécialisé était nécessaire, le patient était orienté vers un spécialiste de ville. Lorsqu’un examen radiologique ou un avis chirurgical était souhaitable, les patients étaient orientés, voire accompagnés dans certains cas, vers un lieu adapté comme l’E.S.C.R.I.M (Elément Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale).

Les consultations ont eu lieues tous les jours, du jeudi 28 janvier au lundi 8 février.

Devant le nombre important de consultants prévus dès le second jour de notre arrivée et la présence d’une pédiatre locale, nous avons décidé de lui confier les enfants relevant de pathologies médicales, et de voir nous-même ceux relevant d’une pathologie chirurgicale ou traumatique.

Après quelques jours de consultations, le centre ne désemplissant pas et les autres membres de la mission nous signalant la présence dans différents camps de sans-abri, de nombreuses personnes, en particulier des enfants n’ayant pas la possibilité de se déplacer, nous avons décidé chaque demi-journée de mettre en place une équipe volante pouvant se rendre directement dans les différents camps afin d’y délivrer des soins.

Des trinômes ont été constitués, composés d’un médecin, de souvent deux infirmiers et d’un sapeur pompier afin d’aller au contact de tous les gens des camps de sans-abris, tout en maintenant une équipe au centre de consultations.

Nous avons donc en plus des consultations au centre, pu aller directement au contact des personnes les plus pauvres et sans autonomie de déplacement soigner plusieurs dizaines de patients supplémentaires. Ceci nous a donné l’occasion de prendre en charge de nombreuses fractures et plaies infectées incomplètement ou pas du tout prises en charge. Ceci nous a également donné l’occasion de côtoyer d’autres ONG, en particulier américaines.

A ce sujet et à titre d’exemple, un soir nous nous sommes rendus au camp de « Canapé Vert », ou nous avons vu plusieurs plaies infectées en voie d’aggravation ainsi que six personnes qui avaient été plâtrées sans avoir eu de radio ni de consultations spécialisées. Nous avons enlevé les plâtres de ces gens, cassés et inadaptés pour la plupart, et décidé de les immobiliser avec des attelles temporaires pour la nuit, avant de revenir le lendemain pour terminer le travail en posant des immobilisations conformes et transporter ceux qui nécessitaient des radiographies voire un avis chirurgical.

Le lendemain matin, en arrivant sur place munis du matériel nécessaire, nous avons demandé au responsable local du comité de quartier de nous montrer les patients de la veille mais celui-ci nous à fait savoir que des soignants américains étaient déjà sur place en train de s’occuper d’eux. Nous imaginions déjà avec une certaine contrariété des médecins américains en train de prendre en charge les patients que nous avions vu la veille. Aussi, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir un peu plus tard dans une tente improvisée, un lieu de consultation tenu non pas par des médecins mais par des « paramedics » extrêmement dévoués mais totalement dépourvus du matériel autant que du savoir faire pour traiter ces fractures. C’est avec un plaisir non dissimulé que ceux-ci nous ont accueilli puis confié la charge de ces quelques patients au sein de leur lieu de consultation, tout en nous apportant leur soutien. Par la suite, ils nous ont témoigné toute leur reconnaissance pour leur avoir apporté une aide inespérée dans un lieu aussi hostile et inconfortable avant de nous donner l’accolade.

Aussi, c’est avec un sentiment jubilatoire intense qu’en réintégrant notre centre les heures plus tard nous avons fanfaronné en prétendant avoir pris le contrôle d’une base américaine. Au demeurant, on doit reconnaître que les ONG américaines sont très présentes en Haïti, et qu’elles effectuent un travail extraordinaire au service de la population, certes avec des moyens sans commune mesure avec les nôtres.

RESULTATS ET CHIFFRES

Au total, en 12 jours sur place, nous avons pu effectuer :

• 1500 consultations qui ont donné lieu à plus de 1000 prescriptions médicamenteuses.

• 70 visites auprès de patients directement dans les refuges des sans abris.

• 12 transferts dans des unités de soins spécialisés. Les pathologies en cause sur cette période (entre 2 et 4 semaines après le séisme)

• 70% de pathologies liées au stress post-traumatique (ulcères ou gastrites, palpitations ou insomnies, douleurs diffuses ou troubles fonctionnels divers)

• 50% de pathologies liées à la vie dans la rue, la promiscuité et le manque général d’hygiène. (affections cutanées, piqûres d’insectes, sarcoptoses, gale, prurit, anorexie)

• 20% de pathologies digestives aigues (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales).

• 15% de pathologies infectieuses aigues. (bronchites aigues et affections pulmonaires, affections ORL, rhinopharyngites, angines et otites, infections urinaires, infections et mycoses vulvaires)

• 10% de pathologies traumatiques en rapport avec le séisme et vues de façon différée.(plaies infectées des membres, fractures fermées et ouvertes, parfois des infections sur fractures ouvertes, ou sous plâtres.

• Moins de 5% de pathologies de la grossesse ou femmes enceintes.

Le pourcentage total dépasse les 100% du fait de la multiplication des différents types de pathologies par personne consultée.

La pédiatre a effectué de son coté environ 30 à 40 consultations chaque jour de façon totalement bénévole et à coté de son activité de consultation personnelle à son cabinet privé, dans une clinique locale.

Compte rendu Social :

Le positionnement de notre centre de santé au cœur même du quartier touché par la catastrophe nous permet d’être au plus près de la population, et ainsi d’avoir une meilleure évaluation de leurs besoins. C’est au détour d’une rue que nous rencontrons le responsable de Shelter Box, ONG présente en Haïti pour distribuer et monter des tentes en partenariat avec le Rotary International. Cette rencontre va être une aubaine pour notre mission car cette collaboration qui deviendra par la suite une amitié va nous permettre d’installer 269 tentes (environ 10 personnes/tente) sur notre secteur. Relayé également par Swiss Humanitarian Aid (Gouvernement Suisse) qui nous attribue 20 tentes (environ 25 personnes/tentes) supplémentaires. Chaque jour, les équipes étaient réparties afin que les caisses du Rotary composées d’une tente et de produits de 1ère nécessité (couvertures, réserves d’eau, ustensiles de cuisine, ...), soient reconstituées pour une meilleure distribution.

En effet, pour la population qui ne pouvait pas bénéficier de tentes, des distributions de produits de 1ère nécessité étaient mises en place dans des secteurs comme Canapé Vert, la Croix Deprez et Chris Roi.

Une semaine après notre arrivée, les différentes familles recensées dans les quartiers de ruelle et impasse Vaillant et du parking de l’Olympic étaient à nouveau hébergées. Nous étions à présent tributaires de l’arrivage des tentes à l’aéroport. Vu notre popularité, de nombreuses familles étaient présentes chaque jour devant le centre de santé pour demander de l’aide. Les évaluations et repérages de secteurs se multipliaient afin de couvrir rapidement notre zone d’intervention.

Le dimanche 8 février l’équipe décide de donner un grand coup avant notre départ et arrive à distribuer et monter 80 tentes dans la journée, un record !

L’ensemble du quartier est enfin hébergé et c’est un soulagement pour nous de voir toutes ces familles à l’abri. On lit également dans les yeux de ceux qui n’ont pas eu droit aux tentes un désarroi qui montre à quel point la coordination internationale manque d’organisation.

Les jours s’enchaînent et la fatigue se lit sur le visage de chacun. Nous ne sommes pas à l’abri d’un problème médical car l’hygiène laisse à désirer et plusieurs personnes de l’équipe sont perfusées et mises au repos à cause de gastro-entérites. D’ailleurs de nombreux camps de réfugiés que nous visitons présentent, pour la plupart, ce type de pathologie ainsi que de nombreux cas de gale.

« Action contre la faim » positionne dans notre secteur une rampe de distribution d’eau potable pour la population que nous avons en charge.

Notre évaluation sanitaire et sociale est une réussite car l’ensemble des actions mises en place couvre notre secteur d’intervention. Il ne reste plus qu’une seule action pour finaliser le projet : la nourriture.

Pour cela, nous nous invitons à une réunion organisée par la Word Vision, ONG américaine, qui a en charge la distribution du riz par le gouvernement des Etats-Unis. Nous arrivons à leur faire comprendre l’urgence alimentaire dans notre zone, durement touchée par le séisme. Mais avant de pouvoir bénéficier de cette distribution nous devons réunir tous les comités de quartier de notre zone et faire remplir les fiches de renseignements familiaux pour 17 000 personnes. Nous arrivons à rassembler ces documents en deux jours grâce à la motivation de chacun et nous assistons avec émotion à la distribution de sacs de 25 kg de riz correspondant à environ un mois de nourriture par famille.

SYNTHESE DE LA MISSION

Après deux semaines passées à Port-au-prince, le bilan de la mission Haïti 2010 est donc très positif :

• Un temps de réaction record de 7 jours pour la mise en œuvre et la préparation de la mission.

• Deux équipes médicales complètes et une pharmacie acheminées directement sur les lieux du séisme pour une durée de 15 jours.

• Une excellente coopération avec le personnel médical et paramédical local.

• Une remarquable complémentarité avec les autres ONG issues des pays occidentaux.

• Une image positive de l’association « AIDER » et de notre pays laissée en Haïti.

Et surtout :

• Environ 150 consultations par jour soit 1700 soins effectués sur 12 jours.

• 289 tentes positionnées sur Port-au-Prince soit environ 2500 personnes hébergées.

• La distribution alimentaire pour un mois à 17 000 personnes.

Mais aujourd’hui de nombreuses personnes attendent notre retour car la saison des pluies est là et si la conséquence immédiate du séisme du 12 janvier a été la mort de 250 000 personne, le problème actuel est celui des sans abris. Des quartiers entiers ont été rasés par les secousses et on compte environ un million de personnes dont la maison est détruite ou inhabitable. Ces gens vivent dans la rue, à même le sol, et sans eau potable ni abri pour la pluie

En cas d’intempéries, les pertes en vies humaines risquent d’être plus lourdes encore que lors du séisme. Les conditions d’hygiène déplorables ainsi que la promiscuité font courir le risque d’épidémies incontournables de gastro-entérites, de choléra, de typhoïde voire de peste.

Au delà des soins médicaux, l’urgence humanitaire dans ce pays est de donner un abri à un million de personnes avant que l’arrivée de la pluie ne scelle à jamais le sort de cette population pacifique.

Citation de l’association A.I.D.E.R

« Un homme n’est jamais si grand que lorsqu’il est à genou pour aider un enfant ! » Pythagore.


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